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©GILDESEIN 2004 

 

CNIL N°1009743

Août 1949. Albert Elissalt, un conserveur de Saint-Jean-de-Luz, effectue un voyage en Californie pour étudier deux modes de pêche pratiqués sur la côte Ouest des Etats-Unis :
- la pêche à la canne et à l'appât vivant, déjà en usage chez les Luziens depuis la transformation, en 1947, d'un sardinier-thonier ligneur, le Marie Elisabeth (BA2291), en canneur-appateur.
- la pêche à la senne tournante, une technique beaucoup plus novatrice pour les pêcheurs français et qui allait, d'adaptations en adaptations, déboucher sur la pêche thonière océanique, telle que les marins pêcheurs de notre pays la pratiquent aujourd'hui.
Dans son rapport, adresse au professeur Emile Postel, directeur des Pêches Maritimes à Dakar, Albert Elissalt précise qu'a San Pedro, le port de pêche de Los Angeles, le plus important des Etats-Unis, la flottille composée de 150 bateaux de 18 a 30 m emploie presque exclusivement, en 1949, la senne tournante; des sennes qui "atteignent 600 brasses de long, pèsent jusqu'a près de 10 tonnes et pêchent d'un seul coup plus de 100 tonnes de thon".
Sur les quais de San Pedro, le conserveur basque assiste même a un spectacle pour le moins surprenant a l'époque :l'embarquement d'un hélicoptère sur le clipper Espirito Santo. "Sur les plus grands et les plus modernes des clippers, explique Albert Elissalt, de petits Hydravions servent déjà â la prospection des bancs de thons. Mais le dernier cri en la matière est l'hélicoptère, dans lequel le capitaine et les armateurs de Espirito Santo fondent un grand espoir pour écourter les campagnes qui, le plus souvent, ne se prolongent qu'en raison de la difficulté a repérer les bancs, la pêche elle-même étant tres souvent rapide". De quoi faire rêver le conserveur luzien pour lequel cet exemple plein d'intérêt" semble quand même hors de portée pour les Français... "du moins dans l'immédiat !"
En revanche, poursuit-il, des unités plus modestes, telles "le California Girl long de 15 m, muni d'un moteur principal de 65 ch, d'un moteur auxiliaire de 16 ch et de deux viviers contenant 8 tonnes d'eau, ont des dimensions et des installations plus familières aux pêcheurs basques". Le rapport d'Albert Elissalt annonce d'ailleurs dans sa conclusion que "la pêche a la senne sera essayée au printemps prochain à Saint-Jean-de-Luz au moyen d'une senne du San Pedro".
II est vrai que quelques mois auparavant, les pêcheurs espagnols d'Orio avaient réussi des pêches tres importantes, des coups de filet de 5 a 6 tonnes, avec des sennes tournées autour d'un canot qui maintient les thons près de lui en leur jetant de l'anchois mort"... Mais l'heure de la senne viendra plus tard pour les pêcheurs français.
A la même époque, un homme, un scientifique, crie dans le désert des mers tropicales pour tenter d'y attirer les thoniers français : le professeur Emile Postel.
Dès le début des années 50, à la suite de prospections effectuées le long des cotes de ce qui s'appelait encore l'AOF, il interpelle les milieux maritimes : "l'Atlantique tropical est riche en espèces de surface.
Qu'attend-on pour venir les y chercher ?
Depuis bientôt deux ans, nous nous efforçons d'attirer l'attention des Pouvoirs publics, des armateurs, des industriels et des pêcheurs sur un groupe ichtyologique dont l'importance économique est considérable : celui des thonidés... Un gros armement de pêche de surface base à Dakar a les meilleures chances de réussir...''.

TEXTE DE PIERRE PORTAIS

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